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Johnny remember me
(Geoffrey Goddard)
(c) Peermusic UK

(p) 1961 EMI UK - performed by John Leyton

JOHNNY REMEMBER ME par JOHN LEYTON

Style : Rock 60's / 70's

"Johnny remember me,
Yes I'll always remember,
Till the day I die I'll hear her cry:
Johnny remember me"

"Johnny remember me" est un titre anglais écrit par Geoff Goddard qui devint #1 des charts single en 1961 outre Manche.
Interprété à l’origine par John Leyton, avec le soutien des Outlaws comme backing band, cette version fut produite par Joe Meek, producteur anglais dont ce fut le premier #1.

Le titre raconte la vie d’un jeune homme hantée par la voix de son amour disparu, les "teen death song" étant assez récurrentes dans les charts anglais de la 1ère moitié des 60’s.
Du côté production, l’enregistrement se distingue par cet effet d’écho qui donne un côté étrange, féérique (et deviendra une marque de fabrique de Meek), le tout appuyé par des vocaux féminins envoutants.

En ces débuts des années 60 à Londres, Joe Meek est déjà un producteur réputé. Il travaille avec le promoteur et manageur australien Robert Stigwood, expatrié en Angleterre et fin businessman.
Parmi ses « clients », Stigwood a John Leyton, un jeune acteur qui attire l’attention de Meek en qui il voit immédiatement un "good looking potential star". Le 1er essai n'est pas fructueux et Stigwood doit batir une autre stratégie pour sortir son poulain.
Stigwood ne faillit alors pas à sa réputation et s’arrange pour placer Leyton dans un épisode de la populaire série TV "Harpers West One" durant laquelle le jeune premier chantera son nouveau single.

Mais voilà ni l’enregistrement ni même la chanson n’existe.
Meek fait le tour des éditeurs de Denmark Street. Bob Kingston qui dirige Southern UK (ancien nom de Peermusic) lui présente un jeune compositeur qu'il a fraichement signé, Geoff Goddard.
Pressé par Stigwood, Meek demande un titre à Goddard qui voit là une réelle chance de faire évoluer sa carrière de compositeur.
Goddard relata ensuite que durant son sommeil il entendit la voix du regretté Buddy Holly lui donner la solution. A peine réveillé, il enregistra la mélodie de "Johnny remember me" telle qu’il l’avait reçu du maître sur le magnéto posé à côté de son lit, "sans même la retravailler" precisera-t’il ensuite !

Aidé par l’au-delà ou guidé par son simple talent, quoi qu’il en soit la chanson de Goddard met tout le monde d’accord et Meek s’enferme immédiatement avec Leyton dans son studio, lieu qui deviendra légendaire au 304 Holloway Road, Islington.
Il engage The Outlaws, un groupe local, comme backing band et s’adjoint les services de l’arrangeur Charles Blackwell pour coacher le jeune Leyton encore inexpérimenté lors des séances d'enregistrement. Meek se concentre sur la production du titre, usant de ces machines et réverbs maison sur la voix de Leyton, over dubbant celle-ci pour donner au titre cette ambiance surnaturelle.
Ces innovations techniques lui vaudront par la suite un vif intérêt des médias spécialisés anglais qui souligneront l’approche nouvelle de Meek en tant que pionnier de la production musicale anglaise.

Le résultat est impressionnant, la voix de Leyton planant sur cette rythmique galopante.
Tout était donc réuni pour que Leyton puisse marquer fortement les esprits lorsqu'il chantera "Johnny" durant cette série TV. Il y interprète le personnage de Johnny St Cyr – c’est par pure coïncidence d’ailleurs que le titre et son personnage portaient le même nom, ce qui ne fit que renforcer l’impact auprès des fans de la série :
http://www.youtube.com/watch?v=7e4JXwd7XMo

En 2 semaines, "Johnny remember me" est #1 des charts anglais propulsant Leyton au statut de star nationale. C’est EMI qui sorti le titre, coup du sort amusant d’ailleurs car la maison de disque britannique avait refusé Leyton quelques temps auparavant. Peu importe maintenant car le nouveau teenage idol obtient dans la foulée le titre de 'NEWCOMER OF THE YEAR' lors des National Annual Awards tandis que "Johnny" est élue 'BEST SONG OF THE YEAR', belle reconnaissance également pour Geoff Goddard et Southern music.
Leyton enchaine ensuite quelques singles dont "Wild wind", toujours produit/écrit par le tandem Meek/Goddard, qui atteindra la 2ème place des charts anglais ainsi qu’une série d’autres titres, mais sans connaître le même succès.

Il faudra attendre 1985 pour voir Bronski Beat reprendre "Johnny" dans un meddley, comprenant également "I feel love" et "Love to love you baby", effort qui sera récompensé d'un disque de platine en Angleterre.

Reste un titre mythique, intemporel, et totalement dans l’air du temps qui mériterait amplement un nouveau come back. Et si la pub s’en mêlait…